Not@riat francophone 2.0

Le notariat francophone, comme chacun de nous, doit relever les défis de notre époque. Celui de la mondialisation est souvent évoqué. Celui du numérique en est un autre. On peut le vivre comme une contrainte mais c’est surtout une chance pour les notaires des pays francophones.

Technologies incontournables
Dans les pays les plus développés, l’écosystème numérique est au cœur de toutes les activités. Pour communiquer, pour échanger des données ou des biens, pour rédiger des contrats, pour organiser le travail, les technologies sont incontournables.
L’acte authentique lui-même se rédige sur support électronique et s’archive dans des serveurs sécurisés. Les grands éditeurs juridiques offrent des services dématérialisés extrêmement performants facilitant les recherches et les consultations. L’intelligence artificielle va permettre d’automatiser certaines consultations ou rédactions.

Challenges
Pour beaucoup de notariats, la maîtrise et le développement des outils numériques constituent des obligations pour répondre aux pouvoirs publics mais aussi à la demande des citoyens. Les exemples sont nombreux. De nombreux états aux budgets contraints imposent aux opérateurs économiques la dématérialisation des échanges et des déclarations. Le développement de la « blockchain » confronte les notaires à un challenge de grande ampleur. La blockchain doit être au service de l’authenticité mais pas un substitut à l’authenticité.

Opportunités
Les notariats francophones les plus jeunes ou moins avancés doivent intégrer le numérique comme une opportunité qui peut leur permettre de brûler les étapes de leur développement. Ici aussi, les exemples sont nombreux. Les instruments de communication électronique et la dématérialisation des échanges peuvent permettre aux notaires d’être plus accessibles. Ils peuvent aussi les aider à être plus disponibles. Le numérique aide aussi à résoudre des problèmes spécifiques comme la tenue des fichiers fonciers ou les déclarations des enfants à l’état-civil. Sur ce dernier point, les expériences menées au Burkina-Faso sont très encourageantes.
Confrontés à des obligations, les notaires francophones doivent les transformer en autant des chances pour leur développement.

Laurent Dejoie,
Président de l’Association du notariat francophone