L’université de Niamey forme des notaires pour l’Afrique

L’université Abdou Moumouni de Niamey propose depuis 2016 un cursus de droit notarial sous la forme de deux masters. En 2020, 17 étudiants sont inscrits en master 1 et 21 en master 2, titulaires principalement d’une licence en droit. Ils sont originaires de 8 pays d’Afrique : Bénin, Burkina-Faso, Congo Brazzaville, République centrafricaine, Mali, Niger, Tchad, Togo. Les programmes sont composés de cours théoriques en alternance avec des travaux dirigés. En 2e année, les étudiants suivent des stages pratiques. Les intervenants sont tout à la fois des professeurs d’universités, des notaires et des experts. Laurent Fritsch, François Grimaldi, Jean-Paul Descorps et Pierre Lemée interviennent au titre de l’Association du notariat francophone,. Bachir Talfi Idrissa, agrégé des facultés de droit et professeur à la FSJP, est le coordonnateur adjoint de la formation.

Quelles sont les conséquences de la pandémie de covid-19 ?
La réglementation sur l’organisation des études de master au Niger prévoit que le 1er semestre commence le 1er septembre et s’achève le 31 janvier et le 2nd démarre le 1er février et s’achève le 30 juin. En temps normal, les examens ont lieu à la fin des semestres, mais avec la pandémie, ils ont été décalés. Nous nous attelons à parachever le programme de l’année, grâce notamment à des cours par visioconférence. Les examens sont donc organisés, au fur et à mesure de l’achèvement des formations, par les différents intervenants avec la possibilité de les regrouper en une seule période.

Depuis le lancement des masters, quel bilan tirez-vous de ce cursus?
Il est globalement positif pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la formation est hautement appréciée. La preuve en est l’engouement qu’elle suscite. Nous recevons un nombre élevé de dossiers à Niamey et depuis l’étranger. On peut regretter que l’ensemble des chambres notariales membres de la CAAF n’envoient pas de dossier, peut-être par manque d’information. Il n’y a pas de site dédié. Ensuite, le niveau de la formation est hautement apprécié en raison de la qualité des intervenants. Enfin, nous avons l’appui de partenaires comme la France et l’Espagne. Au chapitre des difficultés, il y a un financement insuffisant, l’absence de bibliothèque et de prise en charge sociale des étudiants.

Comment la formation est-elle financée?
Le cursus ne bénéficie d’aucun financement depuis son lancement. Il fonctionne sur les très maigres ressources de la faculté de Droit, les engagements personnels de certains responsables de la formation et les frais d’inscription payés par les étudiants. Cependant, l’assemblée générale des membres de l’UINL organisée à Jakarta le 27 novembre 2019, a pris l’engagement d’apporter son soutien, y compris financier, aux masters sous la forme d’un « budget spécial en appui à cette formation ». Nous en attendons la concrétisation.

Quel est le devenir des étudiants?
La formation n’en est qu’à ses débuts. Il est trop tôt pour avoir un retour sur l’insertion professionnelle des étudiants. Le stage notarial dure au moins 2 ans avant l’installation en tant que notaire. Les étudiants nigériens, par exemple, sont tous en instance de stage pratique dans les études notariales.

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