Renforcer le notariat africain

Après plus de trois ans de détention au Cameroun, Abdoulaye Harissou a été libéré en novembre 2017. Lors de la dernière Assemblée générale de l’ANF, il a été réélu secrétaire général de l’ANF (Lire page 3). Quelles sont vos priorités pour le notariat africain en 2018?
Permettez-moi d’abord de remercier le bureau, les présidents des notariats membres, tous les notaires francophones et le président du Conseil supérieur du notariat pour leur soutien sans relâche pendant ces trois dernières années très éprouvantes. Je suis aussi très sensible à la confiance qui m’a été renouvelée.

En ce qui concerne votre question, nous devons consolider les acquis des actions sociales conduites en Afrique francophone avec le titrement et l’état civil des enfants, et penser à ouvrir d’autres chantiers.

  • Ainsi nous devons relancer l’Association des parlementaires francophones (APF) afin qu’elle acte la création de la commission qui sera chargée du projet de loi cadre sur le titre sécurité simplifié (TSS).
  • En ce qui concerne l’état civil, nous envisageons de mettre en place un système d’alerte dans les pays africains avec la collaboration d’Adama Sawadogo, fondateur d’I-civil, dans le cadre d’un partenariat avec un opérateur de téléphonie mobile et l’UNICEF.
  • Avec le président de l’ANF, nous pensons ouvrir un nouveau chantier, celui du droit des affaires en réfléchissant sur la gestion et la transmission du patrimoine qui est un problème sérieux en Afrique.

Vous avez participé à la 4e Conférence internationale sur «la sécurité foncière au service de l’accès au logement durable dans les villes africaines» en décembre 2017 à Niamey au Niger. Quel bilan en tirez-vous?
La conférence a connu une participation quantitative et qualitative très importante. Les organisations internationales et les notaires y ont répondu de manière très positive. Didier Nourissat, vice-président du groupe titrement de l’UINL, a accompli un travail remarquable. Le foncier urbain est un enjeu important pour l’Afrique. Entre 2018 et 2050, le nombre de ses habitants passera d’un milliard 200 millions à deux milliards 500 millions. Du fait de la démographie, les villes grandissent de manière horizontale et désordonnée. Les États africains n’ont plus les moyens de gérer efficacement ce développement exponentiel. Le notariat peut et doit jouer un rôle majeur en concevant des outils techniques et juridiques pouvant les aider à obtenir des solutions adaptées au contexte socio-économique et culturel de leurs pays.

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