Entretien avec Abdoulaye Harissou, secrétaire général de l’ANF et président du fonds Urgence Identité Afrique (UIAFRICA)

Le fonds Urgence Identité Afrique destiné à contribuer à l’enregistrement des enfants sans identité, a été créé le mercredi 16 septembre 2020 par plusieurs acteurs de la société civile à Paris. Placée sous les auspices de la Fondation Roi Baudouin, cette organisation d’intérêt général a été cofondée par deux notaires Amadou Moustapha Ndiaye et Abdoulaye Harissou. Ce dernier nous présente le fonds.

Quels sont les objectifs du Fonds ?
Nous avons remarqué que malgré tous les efforts fournis par les états africains et les organisations internationales comme l’UNICEF, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l’Association du notariat francophone (ANF), une des têtes de proue dans le domaine, l’Union Africaine… le problème des « enfants fantômes » invisibles et sans identité, demeure crucial. C’est pour accélérer les actions d’enregistrement des enfants à la naissance, notamment en Afrique, que des Africains francophones, anglophones, lusophones, quelques Européens engagés dans l’avenir de l’Afrique, Moustapha Ndiaye, notaire à Dakar, et moi-même avons créé ce fonds hébergé par la Fondation Roi Baudouin à Bruxelles. L’objectif principal est l’éradication à moyen terme des enfants sans existence juridique. Nous voulons inculquer aux Africains la culture de l’état civil et l’enraciner dans la société africaine.

Comment comptez-vous agir ?
Grâce aux fonds que nous collecterons et qui seront gérés par la Fondation Roi Baudouin, nous allons mener des actions de mobilisation et de sensibilisation de grande envergure auprès des populations en Afrique subsaharienne. Nous allons identifier, former et appuyer les acteurs de l’état civil pour les rendre plus efficaces. Dans un premier temps, nous allons travailler au Sénégal et au Togo. Nous implémenterons aussi un système d’alerte en amont avec le concours des compagnies de téléphonie mobile. Nous établirons des partenariats avec les organismes africains et internationaux qui œuvrent dans le domaine de l’état civil afin de les aider à rationaliser leurs actions pour de meilleurs résultats sur le terrain.

Comment votre fonds et l’ANF interagissent-ils ?
Les deux structures ayant la même vision et les mêmes objectifs dans le domaine de l’état civil, se compléteront dans l’action. N’oublions pas que c’est l’ANF a amené le sujet de l’état civil à l’OIF qui en a fait une priorité dans son agenda. L’expérience et l’expertise que l’ANF cumule, notamment son président Laurent Dejoie et moi-même en tant que secrétaire général et président de UIAFRICA, ne peuvent que servir les « enfants fantômes » qui in fine seront les bénéficiaires de toutes les actions qui seront menées dans ce domaine.

Quels sont vos autres partenaires ?
Les cabinets Bird&Bird et Deloittes ont été nos premiers partenaires et nous ont beaucoup aidés gracieusement dans la phase préparatoire de la création du fonds et continuent à le faire. Avec le dynamisme de notre délégué exécutif, André-Franck Ahoyo, l’engagement et la qualité des membres d’honneur et du conseil de gestion ainsi que la présence agissante de nos ambassadeurs, nous sommes très confiants en l’avenir du fonds UIAfrica.

En savoir plus : https://urgenceidentiteafrique.org/


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