FRÉDÉRIC DE DINECHIN, CONSEILLER EN POLITIQUE DE DÉVELOPPEMENT À L’UNION POUR LA MÉDITERRANÉE ET PRÉSIDENT DE LA TABLE RONDE « LE NOTAIRE ET L’ENVIRONNEMENT NUMÉRIQUE ».
Comment les notaires de la zone Méditerranée abordent-ils la révolution numérique ?
Frédéric de Dinechin : Au cours de l’histoire, il est frappant de constater à quel point le notariat a toujours su rester à la pointe de la technologie. Le CSN dispose par exemple d’une remarquable direction informatique, innovante et inscrite dans une démarche d’excellence. En parallèle, les notaires savent parfaitement combiner transformation numérique et enjeux juridiques, deux questions intrinsèquement liées. Ils ont aussi su démontrer leur rôle de conseiller de confiance dans le cadre d’investissements internationaux. Autant d’atouts dans un contexte de développement des économies méditerranéennes et de renforcement des coopérations entre les pays de cette zone.
Que vous inspire la coopération entre les notaires de la Méditerranée ?
F. de D. : Vingt ans de coopération ont produit des travaux d’une grande qualité technique mais aussi une humanité commune rare, qui fait toute la différence. C’est aussi ça, la Méditerranée. J’ai été touché par la contribution des notaires libanais, qui n’ont pas pu être présents sur place en raison de la situation dans leur pays. Mais qui ont participé en ligne avec une remarquable exigence. Un témoignage fort de la résilience et de l’engagement de cette communauté professionnelle.
L’intelligence artificielle représente-t-elle une menace pour la profession ?
F. de D. : C’est une réalité incontournable, impossible d’y échapper. La vraie question n’est donc pas uniquement de savoir comment utiliser l’IA mais plutôt de regarder comment s’insérer dans un monde qu’elle remodèle à grande vitesse. Il faut pour cela démontrer que la confiance, l’éthique et le jugement humain restent irremplaçables. Les notaires ont su prouver qu’ils étaient des facilitateurs et non des freins dans l’activité commerciale, ce que reconnaît la Banque Mondiale. Il faut faire de même avec l’IA.
« À l’ère de l’intelligence artificielle, l’expertise du notaire demeure un facteur de confiance et de sécurité juridique »